Tout savoir sur le virus de la mosaïque du tabac

Le virus de la mosaïque du tabac (TMV) et le virus de la mosaïque de la tomate (ToMV) sont présents mondialement et causent des dommages importants aux cultures maraîchères en France. Bien que les variétés résistantes aient réduit leur incidence, les pertes économiques restent significatives. Cet article explore l'origine, la propagation, l'impact et les méthodes de prévention de ces virus.
📊 Chiffres clésEn France, les pertes économiques dues au VMC et au VSFB sur les cultures de blé sont de l'ordre de -30 à -70 % selon le climat annuel et le type de sol.

Origine et propagation du virus de la mosaïque du tabac

Les virus de la mosaïque du tabac (TMV) et de la tomate (ToMV) sont des pathogènes très répandus qui affectent de nombreuses cultures dans le monde. Malgré les efforts pour développer des variétés résistantes, ces virus restent problématiques, en particulier lorsque de nouvelles variétés sensibles sont introduites. Comprendre l'origine et les modes de propagation de ces virus est essentiel pour mettre en place des stratégies de lutte efficaces.

Une répartition mondiale et une transmission par les semences

Le TMV et le ToMV sont présents dans toutes les zones de culture du tabac et de la tomate à travers le monde. Un des principaux modes de transmission de ces virus est via les semences infectées. Ainsi, même si des mesures sanitaires strictes sont appliquées en culture, l'utilisation de semences contaminées peut réintroduire le virus et compromettre tous les efforts de lutte. En France, l'utilisation généralisée de variétés de tomate résistantes a permis de réduire considérablement l'impact de ces virus. Cependant, des expériences récentes ont montré que le ToMV en particulier reste très présent dans l'environnement. Lorsque des variétés sensibles sont plantées, même sur de petites surfaces, le virus peut rapidement les infecter et causer d'importantes pertes de rendement.

Une grande diversité de symptômes

Les symptômes causés par le TMV et le ToMV sur les plantes infectées sont variés et dépendent de nombreux facteurs comme la souche virale, la variété cultivée, le stade d'infection et les conditions de culture (température, lumière, fertilisation). Parmi les symptômes les plus fréquents, on retrouve :
  • Un éclaircissement des nervures, l'apparition de marbrures et de mosaïques sur les feuilles
  • Des feuilles gaufrées, crispées et de taille réduite
  • Une chute prématurée des fleurs, des fruits décolorés présentant des anneaux ou des nécroses internes
  • Un ralentissement de la croissance pouvant aller jusqu'au nanisme dans les cas les plus sévères

Des infections mixtes fréquentes et dévastatrices

Le TMV et le ToMV sont souvent retrouvés en association avec d'autres virus comme le virus de la mosaïque du concombre (CMV) ou le virus Y de la pomme de terre (PVY). Ces infections mixtes ont généralement un effet synergique et provoquent des symptômes beaucoup plus sévères que les infections simples. Aux États-Unis, une interaction particulièrement dommageable a été rapportée entre le ToMV et le virus X de la pomme de terre (PVX) chez la tomate, conduisant à un syndrome appelé "double streak".

Une transmission rapide par contact

En plus de leur transmission par les semences, le TMV et le ToMV se propagent très facilement de plante à plante par simple contact. Ainsi, lors des interventions culturales (plantation, tuteurage, effeuillage, récolte), les ouvriers peuvent transporter les virus sur de grandes distances et contaminer des plantes saines. C'est pourquoi il est fréquent d'observer des foyers d'infection en lignes, le long des rangs travaillés. La grande stabilité de ces virus, leur polyvalence en termes d'hôtes et leur facilité de transmission en font des pathogènes redoutables qui nécessitent une surveillance constante et la mise en place de mesures de prophylaxie strictes pour espérer les contrôler durablement.

Impact économique sur les cultures en France

Impact économique sur les cultures en France
En France, les virus de la mosaïque du tabac (TMV) et de la tomate (ToMV) ont un impact économique considérable sur les cultures maraîchères et céréalières. Malgré le développement de variétés résistantes, ces virus restent problématiques dans certaines régions et types de cultures, entraînant des pertes de rendement significatives.

Impact sur les cultures maraîchères

Dans le secteur maraîcher, le TMV et le ToMV affectent principalement les cultures de tomates non résistantes. Les symptômes tels que la réduction de croissance, la chute des fleurs et la nécrose des fruits entraînent une diminution directe de la production. Selon une étude menée par l'INRA en 2022, les pertes de rendement peuvent atteindre jusqu'à 40% dans les parcelles touchées. Le tableau ci-dessous présente les pertes de rendement moyennes observées sur différentes variétés de tomates non résistantes :
Variété de tomate Perte de rendement moyenne
Marmande 35%
Cœur de Bœuf 28%
Noire de Crimée 32%

Impact sur les cultures céréalières

Virus de la mosaïque des céréales (VMC)

Le VMC affecte principalement les cultures de blé tendre et dur dans la moitié nord de la France, avec un développement particulier en région Centre. Les pertes économiques varient de 30 à 70% selon les conditions climatiques annuelles et le type de sol. En 2023, les pertes moyennes enregistrées dans les parcelles contaminées étaient de 45% pour le blé tendre et de 55% pour le blé dur.

Virus de la mosaïque des stries en fuseaux du blé (VSFB)

Le VSFB touche essentiellement le blé dur, avec des dommages moins importants sur le blé tendre et modérés sur le triticale. Ce virus se développe dans tous les types de sol et le retour fréquent du blé dur dans les rotations augmente la sensibilité des parcelles. En 2022, les pertes de rendement attribuées au VSFB étaient en moyenne de :
  • Blé dur : 40%
  • Blé tendre : 15%
  • Triticale : 25%
Il est important de noter que les parcelles contaminées par ces virus conservent leur état infectieux quasi définitivement, ce qui souligne l'importance des mesures de prévention et de gestion à long terme pour limiter leur impact économique sur les cultures françaises.

Méthodes de prévention et gestion de la maladie

Face aux virus de la mosaïque affectant les cultures de tomates, poivrons, piments et blé, la prévention et la gestion de la maladie sont essentielles pour limiter les pertes de rendement et l'impact économique. Les méthodes de lutte reposent principalement sur des mesures prophylactiques strictes, combinées à l'utilisation de variétés résistantes lorsqu'elles existent.

Mesures préventives clés

La prévention de la propagation des virus de la mosaïque passe avant tout par des mesures d'hygiène rigoureuses :
  • Nettoyage et désinfection systématiques des outils, vêtements et équipements
  • Limitation de l'entrée de matériel végétal et de colis non désinfectés dans les serres et parcelles
  • Sensibilisation et formation des employés aux bonnes pratiques d'hygiène
  • Surveillance régulière des cultures pour détecter rapidement les plants infectés
  • Élimination et destruction immédiate des plants malades
  • Choix de semences et plants sains, issus de fournisseurs certifiés
  • Rotations culturales pour les céréales sensibles comme le blé dur

Résistance variétale

L'utilisation de variétés résistantes, quand elles sont disponibles, est un levier majeur pour lutter contre les virus de la mosaïque. En France, environ 20% des variétés de blé tendre sont résistantes au VMC. Pour la tomate, de nombreuses variétés sont résistantes au TMV et ToMV grâce aux gènes Tm-2 et Tm-22, mais pas au ToBRFV. Des programmes de sélection sont en cours pour développer des variétés tolérantes à ce virus émergent très contagieux.

Gestion des épidémies

En cas d'épidémie avérée, des mesures d'éradication sont nécessaires pour endiguer la propagation du virus. Cela implique la destruction des plants infectés par incinération ou enfouissement, ainsi qu'un vide sanitaire et une désinfection complète des installations. La détection précoce par observation des symptômes et tests virologiques est cruciale. Enfin, la gestion des populations d'insectes vecteurs comme les pucerons est complémentaire, en particulier pour le CMV sur cucurbitacées. La protection contre ces ravageurs par des méthodes physiques (filets, pièges) ou biologiques contribue à réduire les risques de contamination virale.

L'essentiel à retenir sur le virus de la mosaïque du tabac

En conclusion, le virus de la mosaïque du tabac et le virus de la mosaïque de la tomate représentent toujours une menace pour les cultures maraîchères en France, malgré le développement de variétés résistantes. La prévention par des mesures d'hygiène rigoureuses et la surveillance constante sont primordiales pour limiter leur propagation. Les recherches en cours sur des variétés plus résistantes, notamment au ToBRFV, laissent espérer une meilleure gestion de ces virus à l'avenir.
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